Se rendre au contenu

[INTERVIEW] STRUCTURER LE PREMIER RESEAU DE CREPERIES MODERNES

Mickaël Lipari, Fondateur de Crêpe Touch, revient sur la success story de son concept et le partenariat stratégique conclu avec le Groupe Bertrand. Interview.
13 mai 2026 par
[INTERVIEW] STRUCTURER LE PREMIER RESEAU DE CREPERIES MODERNES
DESCLOS Cécile

Crédit photo :  crepe touch

Quel est votre parcours et comment a démarré l’aventure Crêpe Touch ?

Mickaël Lipari : en parallèle de mes études, j’ai travaillé régulièrement dans la restauration depuis mes 16 ans, tant au sein de grandes chaînes structurées que dans des brasseries parisiennes de taille plus familiale. À l’issue de mon école de commerce en 2016, j’ai racheté une crêperie bretonne à Villeneuve-la-Garenne. Cette première acquisition a été un jalon décisif dans mon parcours entrepreneurial et le point de départ de Crêpe Touch.

Pourquoi avoir choisi le segment de la crêpe pour vous lancer dans l’entrepreneuriat ?

M. L. : j’ai effectué une étude de marché qui a révélé un potentiel inexploité sur ce segment. Le maillage des 5 000 crêperies existantes dans l’Hexagone, majoritairement implantées en Bretagne, laissait une place relativement peu saturée sur les 80 % restants du territoire français, avec environ 2 500 points de vente dispersés. Cette situation contrastait fortement avec d’autres segments de la restauration qui ont une densité beaucoup plus élevée, à l’instar des burgers et de leurs 25 000 unités. Par ailleurs, aucune enseigne de crêperie n’avait de notoriété spontanée significative. J’ai donc saisi l’opportunité de créer une marque forte et innovante.

Quels sont les facteurs clés de succès de Crêpe Touch ?

M. L. : lancé en avril 2017, Crêpe Touch est passé de 400 K€ à plus d’1 M€ de chiffre d’affaires hors taxes en seulement un an d’exploitation. Ce succès repose sur 4 piliers : la personnalisation poussée des plats avec des bases variées et une trentaine d’ingrédients, la diversification de l’offre (les crêpes ne représentent que 50 % du CA), des magasins au design cosy et chaleureux, et, enfin, une stratégie digitale forte avec 100 000 followers, un levier inexploité par la concurrence traditionnelle. Crêpe Touch se distingue du modèle mono-produit des crêperies bretonnes classiques, en générant un CA moyen à maturité 4 fois supérieur, aux alentours de 1,2 M€ HT.

Comment le virage de la franchise s’est-il imposé dans votre stratégie ?

M. L. : après le premier succès, j’ai ouvert 4 restaurants en propre, atteignant 5 M€ de CA cumulé. La pandémie de Covid-19 a été un moment charnière, représentant la plus grande difficulté rencontrée par l’entreprise. Durant cette période d’incertitude, les banques sont devenues très réticentes à financer le développement en propre de nouveaux restaurants, un modèle qui représentait 70 % de notre financement. J’ai alors rencontré Grégory Clément, mon associé actuel, expert en franchise, au travers de sa structure Indevfactory. Il m’a accompagné sur la structuration de l’entreprise autour du métier de la franchise qui était un nouveau métier pour moi, notamment la partie juridique. Nous avons lancé officiellement la franchise en janvier 2022. Pour me consacrer pleinement à ce nouveau métier de la franchise et pour créer des ambassadeurs qui pourraient témoigner de la performance et de la rentabilité de notre concept, j’ai pris la décision de vendre 2 de mes unités en propre à des franchisés. Fin 2025, notre réseau compte 30 restaurants dont 28 franchisés.

Quel est votre positionnement et votre modèle économique ?

M. L. : avec un ticket moyen de 15 € et 90 % de notre activité en service à table, nous nous positionnons comme la restauration à table la plus accessible de France. Le modèle économique de Crêpe Touch est caractérisé par une très forte rentabilité, avec une marge brute de 75 %. La rentabilité d’exploitation (EBE/CA) se situe entre 15 et 20 % dans les restaurants matures du réseau.

Où êtes-vous implanté ?

M. L. : nous sommes historiquement très présents en centres commerciaux, avec 60 % de nos restaurants en centre commercial fermé et 30 % en centre commercial à ciel ouvert. Nous visons toutefois un plan de maillage plus équilibré avec un développement en centres-villes.

Pourquoi avoir lancé des espaces de loisirs dans certains restaurants en 2025 ?

M. L. : l’objectif est de venir muscler la proposition de valeur de nos restaurants. Ce nouveau module, déjà présent dans 4 restaurants, est optionnel pour nos franchisés en fonction de l’espace disponible et de leur investissement. Cette offre, qui s’adresse aux enfants âgés de 2 à 9 ans, est alignée avec notre clientèle plutôt familiale, le moment de consommation 15-19h qui représente 40 % de notre CA et la part du sucré qui pèse 50 % dans notre activité.

Quels sont vos objectifs de développement ?

M. L. : nous nous sommes fixé un premier cap de 50 restaurants à horizon 2027. Dans ce cadre, Nous visons 12 à 15 ouvertures par an. À plus long terme, notre objectif est de structurer le premier réseau de crêperies modernes à l’échelle nationale avec 150 crêperies. L’atteinte de cet objectif est la genèse de notre partenariat avec le groupe Bertrand qui a pris une participation minoritaire dans Crêpe Touch en février 2025.

Quelle est la finalité de cette collaboration ?

M. L. : cet accord nous permet avant tout d’accélérer dans notre développement, en réalisant en 5 ans ce que nous aurions fait seuls en 10 ans. Ce partenariat stratégique nous offre 3 synergies majeures. Tout d’abord, le développement immobilier, le groupe Bertrand, avec son expertise dans la franchise, nous apporte un sourcing d’emplacements optimal, ce qui garantit les meilleurs sites pour nos futurs franchisés. Deuxièmement, la notoriété du groupe nous permet d’attirer plus facilement des profils. Enfin, il nous offre la mutualisation des achats.

Fiche d’identité

Dénomination : Crêpe Touch
Activité : chaîne de crêperies modernes
Parc : 30 restaurants (dont 28 en franchise)
Chiffre d’affaires : 25 M€ en 2025 et objectif de 40 M€ en 2026
Web : www.crepetouch.com

Copyright : Les Echos Publishing

[INTERVIEW] STRUCTURER LE PREMIER RESEAU DE CREPERIES MODERNES
DESCLOS Cécile 13 mai 2026
Partager cet article
Archiver