COVID-19 : UN IMPACT LOURD SUR LA DISTRIBUTION DES PRODUITS DE SANTE

COVID-19 : UN IMPACT LOURD SUR LA DISTRIBUTION DES PRODUITS DE SANTE

Les circuits de distribution de produits de santé subissent de plein fouet les effets du confinement et la fermeture des commerces considérés comme non essentiels. Même les pharmacies, ouvertes au public et en première ligne pour accompagner les patients, voient leur activité chuter brutalement.

Dans ce contexte de crise inédit, les différents réseaux de distribution ne sont pas tous logés à la même enseigne. Si la quasi-totalité des magasins d’optique et des centres d’audition sont fermés depuis mi-avril, les pharmacies poursuivent leur activité et ce, malgré les pénuries de masques auxquelles les équipes officinales ont été confrontées pendant les premiers jours du confinement. On pourrait croire que dans une telle situation, l’activité officinale explose. Certes les ventes se sont envolées la semaine du 16 mars, avec des progressions encore jamais vues, selon les données communiquées par Gers Data : + 58 % pour le selfcare (lié à l’envolée des produits naturels destinés à renforcer les défenses immunitaires), + 74 % pour l’automédication (les patients se sont rués sur le paracétamol, avant les restrictions mises en place à partir du 18 mars), + 30 % pour les produits d’hygiène… IQVIA confirme ces tendances, y compris dans les classes de médicaments indiquées pour des pathologies chroniques comme le diabète, l’hypertension artérielle, les anxiolytiques ou les antidépresseurs. Des chiffres qui traduisent les achats de précaution effectués par de nombreux Français et les craintes de pénuries de médicaments dans les semaines qui viennent. Ces progressions ne doivent toutefois masquer les baisses tout aussi vertigineuses sur d’autres produits vendus en pharmacies, comme l’orthopédie (-56 % en semaine 12) ou les soins anti-âge (-20 %). Au global, passé le phénomène des achats d’anticipation, l’activité des officines décline depuis le 21 mars. Le recul est estimé à 15 % sur l’ensemble du territoire, selon le syndicat de pharmaciens USPO. Il serait même de - 35 % à Paris et dans les communes de la petite couronne, en raison de « l’exode » de plus d’un million de franciliens. Certaines pharmacies sont très lourdement touchées, en premier lieu celles installées dans des lieux touristiques (parfois interdites à la population) et dans les zones de transit comme les gares et les aéroports. Si les estimations de l’USPO se confirment, une baisse de 15 % de l’activité représente, en moyenne, une perte de chiffre d’affaires de 20 000€ par pharmacie et par mois de confinement

Des pertes de chiffre d’affaires de 30 000 à 40 000€ pour les audioprothésistes et les opticiens
Le repli de l’activité est encore plus important pour les magasins d’optique et les centres d’aides auditives. La quasi-totalité des opticiens ont fermé, leur commerce n’étant pas considéré comme « essentiel » par les pouvoirs publiques. Les représentants de la profession ont négocié les conditions de réouverture afin d’assurer un service minimum et répondre aux besoins urgents (casse de lunettes). Les Français peuvent consulter le site www.urgenceopticien.fr pour connaître les rares magasins ouverts (350 volontaires sur quelque 12 800 points de vente). La perte pour le réseau optique est donc énorme : elle peut être estimée, en moyenne, entre 40 000 à 45 000€ par point de vente et par mois de fermeture. Une situation compliquée qui fait suite à un mauvais début d’année, la mise en place de la réforme du « 100 % Santé » pour l’optique. Celle-ci a entraîné, en janvier et février, un recul des ventes de 25 % pour les montures et de 15 % pour les verres, selon le GIFO, le groupement des industriels et des fabricants d’optique qui ne voit pas de reprise avant septembre prochain…

Quant aux centres audio, ils sont aussi fermés. Ils assurent un service minimum de continuité des soins, avec toutefois, beaucoup de précautions et des procédures strictes, dans la mesure où l’essentiel de leur clientèle a plus de 65 ans et donc particulièrement exposée au risque de contamination. Pour ces professionnels, la perte de chiffre d’affaires est estimée en moyenne à 30 000€ par audioprothésiste et par mois de fermeture.


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