LES TRANSPORTEURS DE BÉTON VEULENT FAIRE ENTENDRE LEUR VOIX

LES TRANSPORTEURS DE BÉTON VEULENT FAIRE ENTENDRE LEUR VOIX

Sous pression, le secteur s’organise pour peser face aux donneurs d’ordre et alerter les pouvoirs publics sur les difficultés.

Si les bonnes performances du BTP et les grands travaux comme ceux du Grand Paris favorisent l’activité des transporteurs de bétons, ceux-ci font face à d’importantes difficultés. Le rapport de force avec leurs donneurs d’ordre est largement déséquilibré. D’un côté, un secteur du transport de béton morcelé avec des acteurs qui font face à des contraintes importantes : la durée de vie maximale du béton est de 2 heures et les camions ne peuvent être utilisés que pour transporter ce matériau. De l’autre, un secteur du béton très concentré, avec des géants comme Cemex ou LafargeHolcim, avec un énorme pouvoir de négociation. Ces derniers peuvent facilement dicter leurs conditions tarifaires et exiger des transporteurs des évolutions en termes d’équipements, sans consultation.

Le modèle tarifaire est d’ailleurs peu favorable aux transporteurs. Ceux-ci sont rémunérés « au tour », sans prendre en compte la durée du trajet ou les difficultés éventuelles rencontrées lors du déchargement. Logiquement, la concurrence sur les tours les plus courts est très intense, faisant pression sur les prix. Selon les acteurs, il faut réaliser 4,7 tours par jour en moyenne par camion pour vivre convenablement, un ratio quasi inatteignable en Île-de-France.

Pour avoir plus de poids, les transporteurs s’organisent et se mobilisent. Début février, une journée de mobilisation avait été envisagée en Île-de-France pour alerter les pouvoirs publics, mais finalement annulée car elle coïncidait avec celle des auto-écoles. Puis, mi-février, certaines entreprises travaillant avec Cemex ont décidé de laisser 180 camions au garage pour signifier au géant mexicain qu’il est également dépendant de leur travail. Surtout, les entreprises du secteur ont décidé de créer une commission dédiée à leur métier au sein de l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE).

Parmi les revendications adressées par la profession au ministère des Transports : mettre en place un modèle de rémunération plus adapté, en fonction du nombre d’heures, laisser le temps aux transporteurs de s’équiper des nouvelles technologies, être associé aux prises de décision concernant les normes, la sécurité… Pour améliorer le suivi et objectiver leurs charges, les transporteurs de béton demandent également le lancement par le Comité national routier d’un indice des coûts de revient dédié à leur secteur.

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