COUP DE FROID SUR LE MARCHÉ DE L’AUTOMÉDICATION

COUP DE FROID SUR LE MARCHÉ DE L’AUTOMÉDICATION

Après deux années de croissance, les ventes d’automédication ont reculé de plus de 3 % en 2017. Une contre-performance liée à des facteurs à la fois conjoncturels et structurels.
Rassemblant les médicaments non prescrits et non remboursés, l’automédication connaît depuis plusieurs années des évolutions erratiques liées à des décisions réglementaires (délistage/relistage) et politiques (déremboursement de médicaments au SMR insuffisant, baisses de prix…). L’année 2017 n’y a pas échappé dans la mesure où elle a été marquée par le relistage des médicaments à base de codéine et de dérivés morphiniques, ainsi que par l’interdiction de publicité grand public pour les vasoconstricteurs (médicaments contre le rhume comme Humex Rhume®, Dolirhume®, Actifed Rhume®...). Deux changements réglementaires liés à des cas avérés de mésusage entraînant des addictions pour les premiers et des effets indésirables potentiellement lourds pour les seconds. S’est rajoutée une faible pathologie hivernale se traduisant par un recul des ventes d’antalgiques et de traitements des voies respiratoires (respectivement -4,1 % et -8,4 % par rapport à 2016). Au total, le marché de l’automédication a reculé en valeur de 3,7 %, à 2,24 milliards d’euros. Ce repli contraste avec le dynamisme des autres produits dits de « selfcare » : les dispositifs médicaux (sprays, pansements, produits de contention...), en croissance de 3,5 %, à 845 millions d’euros, et les compléments alimentaires, en progression de 12 %, à 825 millions d’euros.

Absence de politique publique
Cette situation confirme une fois de plus la fragilité de ce marché, l’un des moins développés d’Europe, et l’absence d’une véritable politique publique en faveur de l’automédication (contrairement à ce qui existe en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni). Ce manque de volontarisme est préoccupant pour les pharmaciens dans la mesure où ce marché, même s’il représente moins de 10 % du chiffre d’affaires des officines françaises, génère des marges confortables permettant de compenser pour partie le recul des médicaments remboursables.


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