L’ATLAS 2017 CONFIRME LES DÉSÉQUILIBRES CROISSANTS DE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE

L’ATLAS 2017 CONFIRME LES DÉSÉQUILIBRES CROISSANTS DE LA DÉMOGRAPHIE MÉDICALE

Baisse générale des médecins en activité, déclin de l’exercice libéral, accentuation des déserts médicaux : l’Ordre des médecins alerte à nouveau sur la raréfaction du temps médical disponible et les disparités de plus en plus importantes entre les territoires.
Publié chaque année depuis dix ans, l’Atlas de la démographie médicale offre une vision de plus en plus précise des évolutions du corps médical, tant sur le plan démographique que géographique. Les enseignements de l’édition 2017 restent en ligne avec ceux constatés les années précédentes, et ce malgré la multiplication des politiques publiques destinées à réduire ces déséquilibres : relèvement du numerus clausus depuis le début des années 2000, réforme des Epreuves classantes nationales (ECN), mise en place du contrat « santé solidarité » et du CESP (contrat d’engagement de service public), Pacte territoire-santé, création du statut de « médecin correspondant du SAMU »… Force est de constater que toutes ces mesures n’ont eu que des effets limités et ne répondent que partiellement aux enjeux posés par la désertification médicale et les déséquilibres croissants entre spécialités médicales.
De fait, l’Atlas 2017 constate à nouveau une baisse « préoccupante » du nombre de médecins généralistes (-0,8 % entre 2016 et 2017 ; - 9,1 % depuis 2007). Les généralistes en activité régulière, qui étaient un peu plus de 97 000 en 2007, ne sont plus cette année que 88 137 et leur nombre passera sous la barre des 80 000 en 2025. À l’exception de la région des Pays-de-la-Loire et de l’ensemble des DOM, toutes les régions françaises enregistrent une baisse du nombre de médecins généralistes. Cette désaffection persistante de la médecine générale contraste avec la dynamique des spécialités médicales (+ 7,2 % entre 2007 et 2017). Mais cette dynamique masque de fortes disparités et des baisses inquiétantes d’effectifs pour certaines d’entre elles. C’est le cas en chirurgie générale, dermatologie, médecine interne, rhumatologie, ORL et médecine du travail, domaines où le nombre de médecins a chuté significativement en dix ans.
Ainsi, malgré l’afflux de médecins étrangers et la forte augmentation de ceux cumulant emploi-retraite, l’organisation de la médecine, notamment ambulatoire, se dégrade progressivement. De nombreux facteurs se cumulent pour expliquer cette situation : le vieillissement de la population médicale dans son ensemble, l’engouement des jeunes générations pour le salariat (mode d’activité qui leur semble plus propice à un équilibre entre vie privée et vie professionnelle) et la féminisation des effectifs, qui accentue le phénomène de réduction du temps de travail disponible. Mais aussi : l’augmentation du nombre de médecins remplaçants, qui entraîne un recul de l’âge de la première installation, la montée de l’exercice en groupe, laquelle a pour effet de concentrer les effectifs de médecins sur certaines communes et contribue à désertifier les autres aux alentours… Sans compter la faible attractivité de certains territoires liée à la dégradation de leur situation économique et/ou à leur manque d’infrastructures (routières, scolaires…).


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