PARCOURS DE SANTÉ VISUELLE : UNE NOUVELLE ORGANISATION SE MET EN PLACE

PARCOURS DE SANTÉ VISUELLE : UNE NOUVELLE ORGANISATION SE MET EN PLACE

Les opticiens-lunetiers voient leurs prérogatives élargies, sous certaines conditions, à l’adaptation et au renouvellement des prescriptions médicales.

Fin 2015, les premiers États généraux de la santé visuelle avaient proposé la mise en place de coopérations interprofessionnelles et la constitution d’équipes pluridisciplinaires composées d’opticiens, orthoptistes et ophtalmologues. Objectif : permettre à ces derniers de libérer du temps médical pour qu’ils puissent se concentrer sur la prise en charge des pathologies oculaires chroniques, en déléguant aux autres professionnels de la filière certains actes comme la mesure de l’acuité visuelle et les examens de réfraction.

Mobilisée autour de cet objectif, la profession vient de franchir un pas important. Le décret du 12 octobre 2016, pris en application de la loi de modernisation du système de santé, modifie profondément les conditions d’exercice des opticiens-lunetiers en leur octroyant de nouveaux droits. Ils sont dorénavant habilités à adapter les prescriptions médicales des verres correcteurs et des lentilles de contact correctrices, dans le cadre d’un renouvellement de délivrance et après réalisation d’un examen de la réfraction. Et en cas d’urgence (perte ou bris de verres correcteurs), ils peuvent délivrer un nouvel équipement sans ordonnance médicale. Les examens de réfraction doivent toutefois être réalisés dans un espace adapté, afin de garantir de bonnes conditions d’isolement phonique et visuel.

Reconnaissance de la dimension « professionnel de santé » des opticiens

L’exercice de ces nouveaux droits devrait faciliter l’accès aux soins visuels, qui tend depuis plusieurs années à se dégrader pour des raisons à la fois financières, géographiques(1) et démographiques (le nombre d’ophtalmologues est actuellement inférieur à 4 500). Ces nouvelles prérogatives devraient aussi permettre aux opticiens d’être mieux reconnus en tant que professionnels de santé. D’après une enquête réalisée en septembre 2016 par le cabinet d’études Audirep, seulement 17 % des opticiens interrogés pensent que leurs clients les considèrent comme des spécialistes de la santé visuelle... Modifier l’image mercantile de la profession est l’autre enjeu majeur de cette réforme.

(1) 10 à 15 % de la population française renonce aux soins optiques faute de moyens ou de couverture santé suffisante, et les délais de consultation peuvent atteindre 12 mois dans certains départements comme la Picardie et la Franche-Comté.


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