PHARMACIEN D’OFFICINE : UNE PROFESSION DE MOINS EN MOINS ATTRACTIVE ?

PHARMACIEN D’OFFICINE : UNE PROFESSION DE MOINS EN MOINS ATTRACTIVE ?

Dans son dernier Panorama démographique, l’Ordre des pharmaciens dresse un bilan en demi-teinte de la situation démographique de la profession officinale.

La carrière de pharmacien d’officine ne fait plus rêver les quelque 3 000 étudiants en faculté de pharmacie. C’est l’un des constats qui ressort des dernières statistiques publiées fin mai par l’Ordre. En effet, la proportion des primo inscrits(1) aux sections A (titulaires) et D (adjoints) ne représente plus que la moitié du numerus clausus, lequel a pourtant sensiblement augmenté depuis une dizaine d’années. La présidente de l’Ordre, Isabelle Adenot, s’inquiète de cette tendance, estimant toutefois « qu’on ne peut pas reprocher aux jeunes de se détourner d’une filière quand ils ne savent pas où va leur avenir ». Ainsi, au cours de la dernière décennie, le nombre de premières inscriptions en tant que titulaire est passé de 3,3 à 1,3 %, des chiffres et une tendance qui traduisent la grande difficulté des jeunes diplômés à entrer directement dans la profession en tant que propriétaire et titulaire de leur officine. Les prix élevés des pharmacies, un environnement économique incertain et la frilosité des banques expliquent cette désaffection.

Une situation qui a deux conséquences directes : d’une part, l’augmentation du nombre d’adjoints (+1,3 % entre 2015 et 2016) et d’autre part, le vieillissement de la population officinale. L’âge moyen des titulaires a désormais passé la barre des 50 ans, laissant présager une vague massive de départs à la retraite dans les années à venir. Une question se pose donc : la relève est-elle assurée ? Rien n’est moins sûr, d’autant que le nombre de pharmacies devrait continuer à baisser, sous l’effet des regroupements et des restitutions de licences. Entre 2010 et 2015, le réseau a perdu près de 800 pharmacies libérales en France métropolitaine, essentiellement en Ile-de-France et en région Rhône-Alpes, une baisse importante qui n’a toutefois pas (encore) créé de déserts pharmaceutiques sur le territoire.

Moins de pharmacies, moins de titulaires, plus d’adjoints... les statistiques de l’Ordre des Pharmaciens ne font finalement que confirmer l’adaptation progressive de la profession officinale à un environnement économique en pleine mutation.

(1) Les premières inscriptions à l’Ordre une fois le diplôme obtenu.


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