Crédit photo : Jacob Lund
L’institut Gira Conseil vient de publier son étude annuelle sur la consommation alimentaire hors domicile (CAHD) qui couvre l’ensemble des segments de la restauration sur place ou à emporter : collective, commerciale, hôtelière, distribution automatique, circuits alternatifs. Et 2025 s’apparente à une année « charnière ». Avec un chiffre d’affaires de 128,3 Md€, la CAHD affiche une progression de +4,3 % en valeur par rapport à 2024. La fréquentation s’essouffle avec 11,97 milliards de repas servis, en hausse de +1,6 % par rapport à 2024. Le nombre d’établissements atteint désormais 415 595 unités, en hausse de +2,1 %, soit une unité pour 166 habitants contre une pour 238 en 2004. Un niveau de densité qui illustre la saturation croissante d’un marché où l’offre progresse bien plus vite que la demande. Les défaillances continuent d’ailleurs de s’accumuler : après une hausse de 7 % en 2024, elles progressent encore de +8,3 % en 2025. De son côté, le ticket moyen atteint 10,72 € HT, en progression de +2,8 %.
Une croissance en trompe-l’oeil
Derrière la progression du chiffre d’affaires, le tableau est en réalité plus sombre. La hausse est avant tout portée par l’inflation des tarifs. Les restaurateurs ont largement répercuté la hausse de leurs coûts (matières premières, énergie, masse salariale) sur le prix des menus. Une stratégie qui a permis de préserver les marges à court terme, mais qui érode durablement le trafic. Les consommateurs, dont le pouvoir d’achat reste sous pression, arbitrent de plus en plus en défaveur de la sortie au restaurant.
Des gagnants et des perdants
Côté acteurs, Gira observe une polarisation croissante du marché, entre établissements qui surperforment et ceux qui peinent à survivre. Environ 60 % des acteurs enregistrent des hausses de fréquentation allant de 8 à 15 %, portés par leur agilité, leur positionnement tarifaire maîtrisé et leur capacité à répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. À l’inverse, 40 % des établissements affichent des reculs compris entre -10 et -30 %, pénalisés par des prix jugés excessifs ou des modèles inadaptés.
Côté circuits, la restauration commerciale, pilier historique du secteur (58,7 % du CA), a vu sa fréquentation progresser de 1,6 %, soit sa plus faible hausse depuis la période post-Covid. Les circuits alimentaires alternatifs, qui regroupent boulangeries, stations-service et offres de snacking en grande surface, poursuivent leur progression et représentent désormais 19,8 % du chiffre d’affaires total de la CAHD. Parmi les formats qui tirent leur épingle du jeu, on retrouve les bouillons populaires et les tables bistronomiques, qui séduisent par leur authenticité et leur rapport qualité-prix, ainsi que les boulangeries, désormais premier lieu de déjeuner des actifs en France, grâce à une offre diversifiée allant bien au-delà du traditionnel sandwich.
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