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ACCÈS AUX SPÉCIALISTES : ENTRE DISTANCE ET DÉPASSEMENTS

Une étude de l’Irdes évalue les possibilités de consulter des cardiologues, dermatologues et ophtalmologistes en ville. Elle met en évidence de forts écarts entre les territoires, renforcés, pour certaines spécialités, par les dépassements d’honoraires.
8 avril 2026 par
ACCÈS AUX SPÉCIALISTES : ENTRE DISTANCE ET DÉPASSEMENTS
Hélène SAGNES

Crédit photo :  Kzenon 

L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes) a récemment publié une analyse consacrée aux inégalités spatiales et financières d’accessibilité à la médecine spécialisée de ville, en se centrant sur 3 spécialités clés : la cardiologie, la dermatologie et l’ophtalmologie. Pour objectiver ces écarts, l’étude s’appuie sur l’Accessibilité potentielle localisée (APL), un indicateur habituellement utilisé pour les soins de premier recours (médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes…). L’objectif : évaluer, à un niveau fin – la commune – l’adéquation entre l’offre disponible et la demande potentielle. Ici, l’APL est transposée à la médecine spécialisée, afin de dépasser une lecture limitée au seul nombre de praticiens et de mieux qualifier la réalité de la prise en charge.

Les résultats confirment, dans la majorité des départements, de fortes disparités d’accès aux 3 spécialités. « Une centralité – qui correspond le plus souvent à la préfecture – bénéficie généralement d’une bonne accessibilité à ces praticiens, laquelle diminue progressivement à mesure que l’on s’en éloigne. Toutefois, dans certains départements, principalement situés sur la diagonale centrale reliant le nord-est au sud-ouest du pays, le niveau d’accessibilité demeure globalement faible », rapportent les analystes.

Certaines régions apparaissent mieux dotées, comme le centre de l’Île-de-France, l’Alsace, la vallée du Rhône, le pourtour méditerranéen, le Nord-Pas-de-Calais et les grandes métropoles. D’autres, en revanche, cumulent les fragilités. C’est le cas de certaines zones de montagne, en particulier le sud du massif alpin, les Pyrénées, la Corse ou encore la Guyane.

Au-delà de la géographie, l’étude met en évidence un second déterminant : le coût des consultations. L’accès aux ophtalmologues et aux dermatologues repose davantage sur une offre de secteur 2, contrairement aux cardiologues, « en écrasante majorité en secteur 1 ». Les dépassements d’honoraires accentuent ainsi les écarts : l’accessibilité est plus limitée dans les communes défavorisées et plus élevée dans les communes aisées, où la demande est plus solvable.

Pour l’Irdes, améliorer la situation suppose donc d’agir à la fois sur la répartition territoriale des spécialistes et sur la dynamique tarifaire, afin que la proximité d’une offre ne se traduise pas par un accès réservé aux patients les plus solvables.

Copyright : Les Echos Publishing

Pour aller plus loin, découvrez notre étude "L'avenir de la visite médicale"

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Hélène SAGNES 8 avril 2026
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